
Le sport mondial aime se présenter comme un espace d’universalité, de mérite et d’égalité des chances. Pourtant, ce qui vient d’arriver aux Amazones du Bénin démontre une fois de plus que ces principes demeurent parfois de simples slogans lorsqu’ils se heurtent aux réalités administratives et diplomatiques.
Championnes d’Afrique de Beach Handball et qualifiées sur le terrain pour la Coupe du monde 2026 en Croatie, les Béninoises ne participeront finalement pas à la compétition. Non pas parce qu’elles ont perdu un match. Non pas parce qu’elles ont renoncé. Mais parce que les autorités croates ont refusé de leur délivrer les visas nécessaires pour entrer sur leur territoire.
Cette décision est difficilement compréhensible. Selon la Fédération béninoise de Handball, toutes les procédures ont été respectées. Les dossiers ont été déposés dans les délais. Les garanties financières ont été fournies. Les ministères concernés, l’Ambassade du Bénin au Maroc et les différentes administrations ont multiplié les démarches. Malgré cela, le verdict est tombé : refus.
Derrière cette décision administrative se cache une profonde injustice sportive. Car ce sont des mois d’entraînement, de sacrifices et d’investissements qui sont brutalement anéantis. Ce sont surtout de jeunes athlètes qui se voient privées du plus grand rendez-vous de leur carrière alors qu’elles ont gagné leur place sur le terrain.
La Croatie est naturellement souveraine dans sa politique migratoire. Personne ne conteste ce droit. Mais lorsqu’un pays accueille une compétition mondiale, il assume également une responsabilité particulière envers les délégations officiellement qualifiées. Le principe même d’une Coupe du monde repose sur la participation des meilleurs représentants de chaque continent. Empêcher l’un d’eux de prendre part à la compétition revient à affaiblir la crédibilité sportive de l’événement.
Le plus inquiétant est le signal envoyé au sport africain. Quel message reçoit une jeune sportive africaine lorsqu’elle comprend que même après avoir remporté un championnat continental, son rêve mondial peut être brisé par un simple refus de visa ? Quel sens donner alors à la performance sportive si l’accès à la compétition n’est pas garanti par le mérite ?
Aujourd’hui, le Bénin est privé de sa Coupe du monde. Mais au-delà du cas béninois, c’est toute l’idée d’un sport mondial ouvert et équitable qui est mise à l’épreuve. Les Amazones ont gagné leur qualification. L’histoire retiendra malheureusement qu’elles n’ont pas été autorisées à la défendre.
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