
La Ligue nationale scolaire poursuit son développement au Bénin, avec une attention particulière portée à la formation et à la détection des jeunes talents. Présent ce mercredi 26 août 2026 au stade omnisports de Goho, à Abomey, le Directeur technique national de la Fédération béninoise de football (FBF), Adolphe Ogouyon, a livré une analyse détaillée du niveau de la compétition, du travail des éducateurs et surtout de la nécessité d’assurer une continuité entre le football scolaire et les sélections de jeunes.
Plusieurs objectifs derrière la présence de la DTN à Abomey
La descente d’Adolphe Ogouyon sur le terrain répondait à plusieurs impératifs liés au développement du football à la base. « Disons qu’il y a plusieurs objectifs. Le premier, c’est de suivre l’évolution du football des jeunes. Deuxièmement, dans le cadre du partenariat que nous avons avec le ministère des Sports, nous avons dans notre cahier des charges d’être présents.
Troisièmement, il s’agit de pouvoir suivre nos entraîneurs, ceux qui ont été formés, de la Licence D jusqu’à la Licence B. Il y en a quelques-uns qui sont là. Il y a beaucoup plus de titulaires des Licences D et C, mais c’est déjà une très bonne chose. En les suivant, nous pouvons observer leurs progrès et voir comment ils mettent en application les apprentissages reçus.
Le quatrième objectif, c’est le suivi des talents. Vous avez vu que le pilier numéro 1 du projet du président Marcellin BOCOVÈ, c’est la formation et le développement des talents. Nous ne pouvons donc pas rester en dehors de cette opération, de ce programme qu’est la Ligue nationale scolaire, où nous avons des talents déjà confirmés, mais aussi des talents en devenir. »
Le passage du scolaire au football civil, un enjeu majeur
Depuis plusieurs années, le football scolaire bénéficie d’une attention accrue au Bénin. Les performances enregistrées sur la scène africaine permettent notamment aux sélections scolaires béninoises de se distinguer régulièrement. Mais une question demeure : pourquoi certains jeunes repérés au niveau scolaire disparaissent-ils ensuite des radars des catégories U17 et U20 ?
Pour le DTN, cette problématique doit être abordée sur le long terme. « Disons que c’est tout à fait normal, pour le moment, que nous soyons bien représentés en termes de performances en ce qui concerne le football scolaire. Mais il faut laisser le temps au travail de produire ses effets. Le travail qui se fait aujourd’hui est un travail en profondeur.
Tous les talents ne se trouvent pas forcément au niveau du scolaire, même si le vivier principal se trouve au niveau scolaire. Donc, pour nous, il s’agit de trouver la bonne alchimie afin que, lors du passage du scolaire au civil, il y ait une continuité dans ce qui est fait, notamment au niveau de l’effectif dont nous disposons. Cet effectif doit également être enrichi par de nouveaux talents, y compris au niveau de la diaspora. »
Des progrès visibles dans le jeu
Au-delà de la détection, la DTN observe également une évolution dans la manière dont les jeunes équipes abordent leurs rencontres. Adolphe Ogouyon estime notamment que les principes enseignés commencent à être davantage appliqués sur le terrain. « Je trouve qu’il y a déjà une évolution. J’ai eu une petite réunion avec les éducateurs tout à l’heure et je suis satisfait. Quand on compare l’année dernière à cette année, on constate qu’on voit beaucoup moins de longs ballons ou de ballons dégagés, parfois même par les gardiens.
Aujourd’hui, tout le monde essaie de construire le jeu, de mettre le ballon au sol. Et ça, c’est déjà un progrès, c’est déjà une victoire pour nous, au niveau de la DTN, de voir les entraîneurs essayer de mettre en application les apprentissages. C’est le premier côté positif, et je le leur ai dit tout à l’heure. »
Une organisation jugée satisfaisante
Sur le plan organisationnel, le Directeur technique national se montre également positif. Il souligne notamment les activités proposées aux jeunes en dehors des rencontres, donnant à la compétition une dimension qui dépasse le seul cadre sportif. « Au niveau organisationnel, disons qu’il n’y a pas grand-chose à dire. Tout se passe très bien. C’est une machine qui travaille bien et qui est bien huilée.
Il y a des animations, comme vous pouvez le voir. C’est l’une des rares compétitions, en plus du Championnat national scolaire, où il y a autant d’animations. Même le soir, les enfants ne sont pas laissés sans activités : ils ont des occupations et des animations.
En ce qui concerne l’autre côté, c’est déjà bien que l’on puisse penser à faire jouer tous les jeunes. Nos éducateurs doivent aussi comprendre qu’au-delà de l’aspect compétition, il faut penser à donner du temps de jeu à tout le monde, parce que c’est aussi la fête. »
La formation et le développement des talents au cœur du projet
À travers son intervention, Adolphe Ogouyon met donc en avant plusieurs priorités : améliorer la formation des éducateurs, détecter les jeunes à potentiel, accompagner leur progression et surtout éviter la rupture entre le football scolaire et le football civil.
La Ligue nationale scolaire apparaît ainsi comme un important vivier pour le football béninois. Pour transformer les performances scolaires en véritables parcours de haut niveau, le défi sera désormais d’assurer un meilleur suivi des jeunes sur la durée.
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