« La CAN, c’est notre culture » pour Emmanuel Adebayor
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« La CAN, c’est notre culture » pour Emmanuel Adebayor

La Coupe d’Afrique des Nations est bien plus qu’une compétition sportive. Pour Emmanuel Adebayor, ancien capitaine des Éperviers du Togo, elle représente une expérience unique, profondément ancrée dans l’identité africaine. À travers un regard à la fois nostalgique et lucide, l’ex-international togolais livre son analyse sur l’évolution de la CAN et sur ce qui, selon lui, en fait une compétition à part dans le football mondial.

Une compétition qui a profondément changé

Adebayor reconnaît d’emblée que la CAN d’aujourd’hui n’est plus celle de ses débuts. « C’est très différent maintenant, dans le sens où beaucoup de choses ont changé », explique-t-il. À l’époque, le tournoi se vivait avec simplicité, parfois même avec rudesse. « Quand nous allions à la CAN, nous portions des survêtements – parfois un costume, une seule fois si je me souviens bien », se rappelle-t-il.

Mais cette époque appartient désormais au passé. La CAN a gagné en esthétique, en organisation et en mise en valeur. « Maintenant, c’est beau. C’est de l’art. C’est notre culture », affirme Adebayor, soulignant une transformation qui dépasse le simple cadre du football.

La CAN, vitrine de l’identité africaine

Lors de la CAN 2025, cette évolution est visible dès l’arrivée des équipes. Les sélections africaines affichent fièrement leurs racines à travers leurs tenues et leur style. Adebayor se dit particulièrement marqué par ces images fortes : « C’était tout simplement beau à regarder. Magnifique ».

Pour lui, ces choix traduisent un message clair. « Nous jouons différemment, nous nous habillons différemment, nous parlons différemment », insiste-t-il, avant de rappeler l’essentiel : « Au bout du compte, nous devons nous rappeler que nous sommes Africains. Nous avons nos valeurs. Nous avons nos cultures ». Une identité longtemps sous-estimée, mais désormais assumée et revendiquée.

Traditions et spiritualité, une continuité assumée

Au-delà de l’image, la CAN reste marquée par une forte dimension émotionnelle et spirituelle. Adebayor évoque avec émotion les habitudes d’avant-match de son époque. « Nous arrivions au stade en chantant, en glorifiant Dieu, en chantant du gospel – juste pour nous motiver. C’est comme ça que nous avons grandi ».

Ce qui le rassure aujourd’hui, c’est de constater que ces pratiques perdurent. « Je vois les jeunes joueurs faire la même chose », observe-t-il, convaincu que la culture africaine ne s’est pas perdue, mais qu’elle s’est transformée et renforcée. « Je vois notre culture s’élever, et nous pouvons la montrer à tout le monde ».

Une compétition différente des autres

Dans un football mondial de plus en plus standardisé, la CAN conserve une identité singulière. Pour Adebayor, cette différence est une richesse. Ayant évolué au plus haut niveau en Europe, il estime que le progrès ne doit pas se faire au détriment de l’authenticité. « C’est extraordinaire. J’encourage tout le monde à le faire », lance-t-il.

Son message est limpide : la Coupe d’Afrique des Nations n’a pas besoin de ressembler aux autres tournois pour être crédible. Sa force réside dans ce mélange unique de football, de culture, de traditions et d’émotions.

Alors que la CAN continue de se moderniser et de gagner en visibilité internationale, le témoignage d’Emmanuel Adebayor rappelle une évidence essentielle : évoluer, oui, mais sans jamais renier ce qui fait l’âme du football africain. La CAN est différente — et c’est précisément ce qui la rend unique.

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