L’Association de la Presse Sportive du Bénin (APS-BÉNIN) a ouvert un nouveau chapitre de son histoire ce jeudi 22 octobre 2026, à la Maison des Médias Thomas Mègnassan. À l’occasion de sa rentrée solennelle, l’organisation a dévoilé les grandes priorités de la mandature 2026-2029, avec une ambition centrale : bâtir une presse sportive plus compétente, plus responsable et mieux outillée face aux mutations du numérique.

Une nouvelle mandature, des ambitions renouvelées et des chantiers à concrétiser. La rentrée solennelle de l’APS-BÉNIN a marqué le point de départ d’une nouvelle étape pour les journalistes sportifs béninois. La mobilisation des membres venus des différentes coordinations régionales et départementales, ainsi que la présence de représentants d’organisations professionnelles et du mouvement sportif, ont donné du relief à cette cérémonie organisée autour du thème : « Journalisme sportif à l’ère du numérique : éthique, responsabilité et professionnalisme ».

Au-delà du caractère officiel de l’événement, les échanges ont surtout mis en lumière les défis auxquels la corporation doit faire face. Entre la rapidité de circulation des informations, la pression des réseaux sociaux et les exigences de crédibilité, les responsables de l’association ont appelé à une évolution des pratiques professionnelles.

Ambroise Zinsou veut replacer la crédibilité au centre du métier

Le président de l’APS-BÉNIN, Ambroise Zinsou, a donné le ton en attirant l’attention sur les dérives que peut favoriser la course à l’audience numérique. Pour lui, la recherche de visibilité ne doit jamais prendre le dessus sur les règles fondamentales du journalisme.

« Notre métier est en danger, et ce danger ne vient pas de l’extérieur », a-t-il déclaré. Une mise en garde qui renvoie directement à la responsabilité des professionnels face aux informations diffusées sans vérification préalable.

Dans un environnement où une publication peut rapidement atteindre des milliers d’internautes, une erreur ou une accusation infondée peut porter atteinte à l’image d’un sportif, d’un club ou d’un arbitre. Le président de l’association a ainsi rappelé que la vérification des faits et le recoupement des sources restent indispensables, quels que soient les outils utilisés pour diffuser l’information.

Ambroise Zinsou a également insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance du journaliste sportif face aux passions qui entourent les compétitions. « Le journaliste sportif n’est pas un supporter avec un badge. Nous sommes le pont entre le terrain et le peuple », a-t-il affirmé.

Cette conception du métier implique, selon les orientations défendues par l’association, de privilégier l’analyse et l’information vérifiée plutôt que les réactions dictées par les rivalités sportives. Le numérique peut accélérer le travail journalistique, mais il ne saurait se substituer à la présence sur le terrain ni à la connaissance des disciplines.

Pour traduire ces exigences dans les faits, l’APS-BÉNIN prévoit notamment de renforcer les capacités de ses membres en vérification de l’information et en intelligence artificielle. L’association entend aussi engager un travail avec la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) sur l’assainissement de la corporation, tout en poursuivant la défense de meilleures conditions de travail.

La maîtrise technique, un impératif pour les journalistes sportifs

La qualité du traitement de l’information sportive dépend également de la connaissance des disciplines couvertes. C’est le message défendu par Benoît Houandja, secrétaire général de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), présent à la cérémonie en représentation du président de l’organisation.

Pour lui, la spécialisation doit occuper une place importante dans le parcours des journalistes. Couvrir régulièrement une discipline suppose d’en maîtriser les règles, les mécanismes et les particularités. Cette connaissance permet non seulement de mieux comprendre les événements, mais aussi de proposer au public des explications solides et des analyses pertinentes.

Les controverses autour de l’arbitrage, notamment dans le football, illustrent cette exigence. Face aux polémiques qui se propagent sur les réseaux sociaux, le journaliste doit être capable de dépasser les réactions à chaud et de vérifier les éléments disponibles avant de prendre position dans son traitement de l’actualité.

Benoît Houandja a ainsi rappelé que le rôle des professionnels des médias consiste à éclairer le débat par des faits et des connaissances, plutôt qu’à amplifier les opinions dominantes. La vérification des images, la compréhension des règles et la distinction entre faits et interprétations constituent, à ses yeux, des éléments essentiels de cette démarche.

Le responsable de l’UPMB a par ailleurs invité les membres de l’APS-BÉNIN à consolider leurs liens avec l’organisation faîtière. Un appel à la solidarité professionnelle qui s’inscrit dans une volonté de renforcer la cohésion entre les acteurs des médias.

Des partenariats pour mieux valoriser le sport béninois

L’amélioration du journalisme sportif passe aussi par une collaboration plus étroite avec les acteurs du mouvement sportif. C’est l’un des axes mis en avant par Gaël Hessou, secrétaire exécutif chargé de l’administration et des finances, intervenant au nom de la Direction exécutive de l’APS-BÉNIN.

L’association souhaite développer des relations de travail plus structurées avec les fédérations sportives et les institutions, notamment par la signature de conventions de partenariat, l’organisation de formations et une meilleure visibilité accordée aux différentes disciplines.

« Le développement du sport béninois passe aussi par une presse sportive compétente, engagée et reconnue », a-t-il souligné.

Cette orientation répond à un enjeu concret : permettre aux journalistes de mieux accéder aux informations, de comprendre les réalités des disciplines et de contribuer à leur promotion auprès du public. Une coopération plus régulière pourrait également favoriser le partage d’expériences et la mise en place de projets communs.

Gaël Hessou a donc appelé les partenaires de l’association à s’impliquer dans cette dynamique afin que les ambitions affichées pour la mandature 2026-2029 puissent déboucher sur des initiatives tangibles.

Trois ans pour passer des ambitions aux résultats

Avec cette rentrée solennelle, l’APS-BÉNIN a posé les bases de son programme pour les trois prochaines années. Formation, éthique, maîtrise des outils numériques, amélioration des conditions de travail et renforcement des partenariats figurent parmi les principaux chantiers évoqués.

Le défi sera désormais de transformer ces orientations en actions mesurables et utiles aux professionnels. Car si le numérique multiplie les possibilités de diffusion et d’accès à l’information, il accroît également les exigences de rigueur auxquelles les journalistes doivent répondre.

Le lancement de cette mandature intervient ainsi dans un contexte où la crédibilité constitue un enjeu majeur pour la presse sportive. À travers les orientations présentées lors de cette cérémonie, l’APS-BÉNIN entend consolider la place du journaliste comme un professionnel de l’information, capable d’expliquer le sport, de l’analyser avec méthode et de contribuer à son développement.

Les trois prochaines années permettront de mesurer la portée de ces engagements. Pour l’association, l’enjeu est désormais clair : faire de l’éthique, de la compétence et du dialogue les leviers d’une presse sportive béninoise plus solide et plus professionnelle.
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