L'Afrique attend toujours un successeur à George Weah, seul représentant du continent sacré, en 1995. Achraf Hakimi pouvait incarner un sérieux prétendant après sa saison exceptionnelle avec le PSG en 2024-2025, mais aucun joueur africain ne se détache cette année. Trois facteurs expliquent ce déclassement en 2026.
Avec Mohamed Salah 4e et Achraf Hakimi 6e, l'Afrique avait brillé au classement du Ballon d'Or 2025, même si la place du Marocain, que beaucoup imaginaient plus haut, avait fait débat. Cette année, ni le Lion de l'Atlas ni Sadio Mané, l'autre nommé africain, ne devraient terminer dans le top 10.
Hakimi a perdu du terrain après une saison exceptionnelle
La principale chance africaine s'appelait pourtant Achraf Hakimi. Monstrueux en 2024-2025 et Ballon d'Or africain en titre, le latéral marocain avait tout pour s'inviter à nouveau parmi les candidats crédibles. Mais les blessures ont contrarié sa dynamique, avec 22 matches manqués en novembre-décembre 2025, puis en avril-mai 2026.
Ces pépins physiques ont limité ses apparitions avec le PSG et perturbé sa préparation pour les échéances internationales. Présent à la CAN sans être au mieux de sa condition, puis engagé à la Coupe du monde peu après son retour de blessure, il n'a pas retrouvé la même influence que la saison précédente.
Son bilan de 49 matches, 4 buts et 17 passes décisives, en club et en sélection, reste très honorable. Il devrait toutefois l'empêcher d'entrer dans un top 10 très concurrentiel, où Yamal, Mbappé, Kane, Olise, Dembélé, Kvaratskhelia, Messi, Rodri, Fabián Ruiz, Luis Díaz ou encore Haaland semblent tous devant lui. Et ce, malgré un palmarès de premier plan : Ligue des champions, Supercoupe d'Europe, Ligue 1, ainsi que la CAN, dans l'attente de la décision du TAS sur la finale Sénégal-Maroc.
Ni la CAN ni le Mondial n'ont propulsé un candidat africain
La Coupe d'Afrique des nations aurait pu rebattre les cartes en offrant une exposition supplémentaire à un joueur du continent. Problème : son MVP a été Sadio Mané, qui évolue hors d'Europe et n'a pas brillé au Mondial. Difficile d'aller très haut avec ce seul bilan, d'autant que le titre a été retiré au Sénégal.
Hakimi ne s'est pas non plus suffisamment mis en évidence, que ce soit à la CAN ou à la Coupe du monde, pour lutter avec les tout meilleurs. Le titre de champion d'Afrique du Maroc, toujours pas officiel à 100 %, a aussi pu fragiliser son dossier.
Un continent en transition générationnelle
Enfin, l'Afrique semble connaître un creux entre deux générations de stars. Sadio Mané, Mohamed Salah et Riyad Mahrez ont longtemps porté les ambitions du continent au plus haut niveau. Ils ont tous pris de l'âge, et aucun nouveau visage ne leur a encore succédé avec une stature comparable à l'échelle mondiale.
Lors du dernier mercato, Yan Diomandé a signé au Real Madrid et devient le joueur africain le plus cher de l'histoire, Ayyoub Bouaddi a rejoint Manchester City et Ismaël Saibari le Bayern Munich. Ibrahim Maza figure par ailleurs parmi les trois nommés africains pour le trophée Kopa. Ces jeunes talents sont promis à un bel avenir, mais il est trop tôt pour en faire des candidats crédibles au Ballon d'Or.
Dans ce paysage, Hakimi faisait figure de principale superstar africaine en activité au plus haut niveau en 2025-2026. Sa saison moins aboutie réduit forcément les chances du continent.




