La course à l’organisation de la CAN 2028 entre dans une phase décisive. La Confédération africaine de football (CAF) a lancé ses visites d’inspection chez les candidats à l’accueil de la compétition. Ce jeudi 15 octobre 2026, une délégation de l’instance continentale s’est rendue à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour évaluer les infrastructures et les capacités d’accueil du pays.
Après le dépôt officiel de son dossier en août dernier, l’Éthiopie passe ainsi une étape importante dans sa quête de la CAN 2028. La mission de la CAF doit notamment examiner les stades proposés, les projets de construction et les installations prévues pour accueillir les équipes, les officiels et les supporters.
L’Éthiopie face au défi des infrastructures
Si l’Éthiopie possède une riche histoire dans le football africain, son dossier présente encore d’importantes difficultés sur le plan des infrastructures. Lors du dépôt de sa candidature, le pays ne comptait qu’un seul stade homologué par la CAF, le Bahir Dar Stadium, avec une autorisation provisoire.
Le projet de l’Adey Abeba International Stadium, une enceinte annoncée avec une capacité d’environ 62 000 places, représente l’un des principaux atouts du dossier. Toutefois, l’organisation d’une CAN à 24 équipes exige bien davantage que la construction d’un grand stade. Les autorités éthiopiennes doivent également garantir des terrains d’entraînement adaptés, des hébergements suffisants et une logistique répondant aux exigences de la compétition.
Sur le plan historique, l’Éthiopie dispose néanmoins d’arguments solides. Membre fondateur de la CAF, le pays a participé à la première édition de la CAN en 1957 et accueilli le tournoi à trois reprises, en 1962, 1968 et 1976. En 1962, il avait même remporté le titre continental à domicile.
Les tensions avec l’Érythrée, un autre obstacle
Au défi des infrastructures s’ajoute une situation sécuritaire préoccupante. Les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée connaissent une nouvelle montée des tensions, sur fond d’affrontements dans la région du Tigré. Addis-Abeba accuse son voisin d’incursions militaires sur son territoire, tandis qu’Asmara rejette ces accusations.
Des opérations militaires et des frappes de drones ont été signalées dans le nord de l’Éthiopie. Cette situation nourrit les craintes d’une reprise du conflit entre les deux pays et suscite des appels internationaux à la désescalade.
Pour la CAF, la sécurité constitue un enjeu essentiel dans l’évaluation des candidatures. L’instance devra notamment apprécier les conditions d’accueil des délégations, la stabilité du pays et les garanties nécessaires au bon déroulement des rencontres.
Une concurrence toujours présente
L’Éthiopie n’est pas seule dans la course à l’organisation de la CAN 2028. L’Afrique du Sud et le Zimbabwe défendent une candidature commune, malgré le retrait du Botswana fin septembre. L’expérience sud-africaine dans l’organisation de grandes compétitions, notamment la Coupe du monde 2010, ainsi que la présence d’infrastructures existantes représentent des atouts pour ce dossier.
La visite d’inspection constitue donc un rendez-vous important pour l’Éthiopie. Le rapport des experts de la CAF permettra d’apprécier les progrès réalisés et la faisabilité des engagements annoncés.
Malgré sa légitimité historique et ses ambitions, le pays devra apporter des garanties concrètes sur les infrastructures, les délais de réalisation et la sécurité. Autant de critères déterminants dans la course à l’organisation de la CAN 2028.



