La Coupe du monde 2030 ouvre un vaste chantier d'investissement pour le tourisme marocain. Le Royaume s'est fixé l'objectif d'ajouter 60 000 lits hôteliers d'ici 2030, soit une hausse d'environ un cinquième de sa capacité, selon Reuters. Un cap qui retient l'attention des investisseurs : le Maroc est aujourd'hui le deuxième marché de développement hôtelier en Afrique, derrière l'Égypte.
Un pipeline qui séduit les grands groupes
Selon le rapport 2026 de W Hospitality Group sur le développement hôtelier en Afrique, 75 projets portés par des chaînes internationales sont en cours de développement au Maroc, pour un total de 10 606 chambres. Environ 70 % d'entre eux sont programmés pour ouvrir en 2026 et 2027, principalement à Casablanca, Marrakech, Rabat et Tanger. Les grands noms de l'hôtellerie sont présents : Radisson, qui compte onze établissements dans le pays et en vise trente d'ici 2030, Four Seasons, Hilton, Accor, Ennismore ou encore l'opérateur marocain Risma. Le groupe Pickalbatros a obtenu 250 millions de dollars de financement pour des acquisitions et rénovations, et Kasada, soutenu par le fonds souverain qatari et Accor, a été choisi pour gérer un fonds d'investissement touristique marocain.
Faire de 2030 un levier durable
Ces projets restent pour l'essentiel planifiés, et tous ne sont pas encore financés ou livrés. Leur réussite se mesurera donc à leur exécution, mais aussi à leur impact durable. L'enjeu dépasse l'accueil du Mondial : il s'agit de relier les nouvelles capacités à la connectivité aérienne, à l'emploi local, à une gestion responsable de l'eau et à la diversification des destinations, au-delà des grands pôles urbains. Pour les investisseurs, l'identification des besoins par destination et la mise en avant de projets finançables seront déterminantes. Bien conduite, cette dynamique permettra au Maroc de faire de 2030 non pas une fin en soi, mais un accélérateur de valeur touristique durable, au service de l'objectif de 26 millions de touristes à l'horizon 2030.




