La performance historique de l’Afrique à la Coupe du monde 2026 a dominé les échanges lors de la deuxième journée de la Conférence stratégique de la Confédération africaine de football (CAF), jeudi 8 octobre, à Santa Maria, au Cap-Vert. Patrice Motsepe, Gianni Infantino, Janira Hopffer Almada et Mario Semedo ont insisté sur la nécessité de transformer ces résultats en progrès durables, grâce à des investissements ciblés, à la formation et au renforcement des structures du football africain.

Patrice Motsepe réclame des résultats concrets

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a placé le développement des 54 associations membres au cœur de son intervention. Pour lui, les ambitions affichées par les instances dirigeantes doivent désormais se traduire par des actions concrètes et des résultats mesurables.

« Il y a un grand fossé entre les bons projets, les bonnes intentions et ce que nous faisons concrètement en termes d’investissements et de résultats. Nous sommes jugés sur nos résultats », a-t-il déclaré.

Le dirigeant sud-africain a insisté sur la nécessité de faire progresser l’ensemble des associations nationales, au-delà des performances des sélections les plus compétitives. Il a également réaffirmé l’ambition de voir une nation africaine remporter un jour la Coupe du monde.

« Nous devons gagner la Coupe du monde. Nous allons gagner la Coupe du monde. Une des nations africaines gagnera la Coupe du monde », a-t-il affirmé, appelant le continent à transformer son potentiel en succès tangibles.

Janira Hopffer Almada met l’accent sur les structures et les femmes

La cheffe de l’État du Cap-Vert, Janira Hopffer Almada, a présenté le parcours de son pays comme un exemple du rôle joué par le travail, la discipline et l’organisation dans la réussite sportive.

« Le talent sans structure ne peut donner des résultats durables », a-t-elle rappelé, soulignant l’importance de développer des systèmes capables de former et d’accompagner les joueurs sur le long terme.

Elle a également insisté sur la place des femmes dans le développement du football. Selon elle, les ambitions du continent doivent s’accompagner d’une participation accrue des femmes à tous les niveaux : joueuses, entraîneuses, arbitres, médecins, journalistes et dirigeantes.

Son intervention a ainsi élargi la réflexion au-delà des performances sur le terrain, en mettant en avant les enjeux de gouvernance, de formation et d’égalité d’accès aux responsabilités.

Gianni Infantino souligne les progrès du football africain

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a lui aussi mis en avant les résultats obtenus par les sélections africaines lors du Mondial 2026. Sur les dix représentants du continent, neuf ont atteint la phase à élimination directe, une performance collective inédite pour l’Afrique. 

Infantino a souligné que cette progression devait s’accompagner d’investissements dans les infrastructures, l’encadrement et les compétitions afin de permettre aux jeunes talents de se développer.

« Les opportunités d’un enfant ne doivent pas être limitées par son lieu de naissance », a-t-il déclaré, plaidant pour un accès plus large aux installations et aux parcours de formation.

Le patron de la FIFA a également évoqué les progrès réalisés en matière d’infrastructures permettant aux sélections africaines de disputer leurs matchs internationaux à domicile. L’objectif, a-t-il indiqué, est que chaque pays puisse recevoir ses adversaires sur son propre territoire.


Mario Semedo appelle à poursuivre le dialogue

Pour Mario Semedo, président de la Fédération capverdienne de football, cette conférence constitue une occasion de partager les expériences et de renforcer la coopération entre les associations membres.

Il a salué l’initiative de la CAF, estimant que le dialogue entre les responsables du football africain peut contribuer à faire émerger des idées et des stratégies adaptées aux réalités de chaque pays.

Le dirigeant capverdien a notamment souhaité que les délégués repartent avec des propositions concrètes susceptibles d’être appliquées dans leurs fédérations respectives.

Cap sur la Coupe du monde 2030

Au-delà des discours, l’enjeu de cette conférence est de transformer les enseignements du Mondial 2026 en une feuille de route pour le développement du football africain. Les investissements, la formation des entraîneurs, les infrastructures, le football féminin et le renforcement des fédérations figurent parmi les axes prioritaires évoqués lors des échanges. 

La prochaine étape sera de traduire ces ambitions en politiques durables, capables de renforcer les compétitions locales et d’améliorer la préparation des sélections nationales. À l’horizon 2030, l’objectif affiché est de faire de la performance historique de 2026 un point de départ plutôt qu’une réussite isolée.

Photos


#MEGASPORTS