
L’aventure des Amazones U20 au Mondial féminin 2026 a pris fin ce vendredi 11 septembre avec une défaite face à la Pologne (4-1), pays hôte. Au terme de cette première participation historique du Bénin à une phase finale de Coupe du monde féminine U20, le sélectionneur national Abdoulaye Ouzérou a livré une analyse sans détour. Pour le technicien béninois, la réalité du très haut niveau mondial impose de reconnaître les limites actuelles, sans pour autant effacer les progrès réalisés. Son message est clair : il faut désormais retourner au travail.
« On a joué contre beaucoup plus fort que nous »
Abdoulaye Ouzérou n’a pas cherché à minimiser la différence de niveau observée face à la Pologne et, plus largement, durant cette Coupe du monde. Pour lui, le Bénin doit regarder cette réalité avec lucidité. « Il faut reconnaître sa place. Il faut être honnête, il faut reconnaître sa place. Le niveau est très, très, très élevé », a expliqué le sélectionneur après la rencontre.
Le technicien béninois assume ainsi l’écart constaté entre les Amazones et certaines des meilleures sélections présentes à la compétition. « On a joué contre des adversaires plus forts que nous, c’est tout, il ne faut pas se voiler la face. On a joué contre beaucoup plus fort que nous », reconnaît-il.
Pour autant, cette lucidité ne doit pas conduire à la résignation. Ouzérou appelle au contraire à rester positif et à mesurer le chemin déjà parcouru.
Une qualification déjà considérée comme un exploit
Pour le sélectionneur, la présence du Bénin à ce Mondial constitue en elle-même une performance majeure. L’objectif désormais est de transformer cette première expérience en source de progression.
« Il ne faut pas oublier ce que nous sommes et d’où nous venons », insiste-t-il, tout en rappelant que le staff, les joueuses et l’ensemble du football féminin béninois ont encore « beaucoup, beaucoup de chemin » à parcourir.
« C’était déjà un exploit de se qualifier », souligne Abdoulaye Ouzérou. Aller plus loin dans la compétition aurait évidemment représenté une satisfaction supplémentaire, mais le technicien estime que le résultat doit être replacé dans son contexte.
« Ça aurait été encore plus merveilleux d’aller plus loin dans la compétition, mais la réalité est là et il faut être lucide. Il y avait beaucoup plus fort que nous en face, donc voilà, on a fait ce qu’on a pu. »
« Il y a cinq ans, on n’existait pas »
Interrogé sur les principales leçons à tirer de cette Coupe du monde, Abdoulaye Ouzérou revient sur la progression récente du football féminin béninois.
« Il y a cinq ans, on n’existait pas », affirme-t-il, rappelant ainsi le chemin parcouru en quelques années. À ses yeux, cette participation mondiale ne doit donc pas être perçue comme un aboutissement, mais comme une étape supplémentaire dans la construction d’une équipe et, plus largement, d’un football féminin capable de rivaliser durablement au niveau international.
Le sélectionneur estime d’ailleurs que les Amazones ont déjà « surperformé » en décrochant leur qualification pour la Coupe du monde. « On a déjà surperformé en se qualifiant pour la Coupe du Monde », explique-t-il, avant de mettre en garde contre une lecture trop négative de l’élimination.
Mexique, France : la preuve que les Amazones peuvent progresser
Malgré l’écart avec certaines sélections, Abdoulaye Ouzérou retient également les moments où les Amazones ont réussi à tenir tête à des équipes beaucoup plus expérimentées. Le sélectionneur cite notamment le Mexique et la France, deux nations disposant d’une avance importante sur le Bénin en matière de développement du football féminin.
« On a joué contre des équipes techniquement et tactiquement de très, très haut niveau », constate-t-il. Mais il y voit aussi une raison d’espérer. « Mexique, France… il y a deux mondes d’écart normalement entre nous et ces nations-là. Donc on a tenu tête », souligne le technicien.
Cette capacité à rivaliser par moments avec des adversaires de référence doit, selon lui, servir de base au prochain cycle de travail.
Ne pas laisser la déception effacer les progrès
Abdoulaye Ouzérou appelle également à éviter toute forme de découragement après l’élimination. Pour lui, le Bénin ne doit pas tirer de cette expérience la conclusion qu’il a échoué parce qu’il n’a pas atteint les derniers tours.
« L’erreur serait de ne pas apprendre de ça, de se plonger dans une déception qui n’a pas sa place et de croire qu’on est arrivés et qu’on aurait dû marcher sur tout le monde », prévient-il. Et d’insister : « C’est faux, d’accord ? C’est faux, c’est totalement faux. »
Le message du sélectionneur est donc davantage tourné vers la construction que vers le bilan comptable. Le Bénin a découvert les exigences du plus haut niveau et doit désormais s’en servir pour progresser.
« Il faut repartir au travail »
La conclusion d’Abdoulaye Ouzérou tient en quelques mots : le travail doit continuer, mais avec une approche enrichie par cette expérience mondiale. « Il faut juste retourner au travail de façon différente », affirme-t-il.
Le sélectionneur veut notamment que cette première expérience serve à mieux mesurer les exigences du très haut niveau et à identifier les domaines dans lesquels le football féminin béninois doit encore progresser. « Nous, entraîneurs, le staff, les joueuses, tout le monde a besoin de travailler encore plus pour pouvoir revenir », explique-t-il.
Pour Ouzérou, cette Coupe du monde représente ainsi un « baromètre » particulièrement précieux pour mesurer le niveau réel du football féminin béninois. « C’était bien de venir ici sur cette compétition qui constitue le plus grand baromètre au monde et de se rendre compte qu’il faut repartir au travail », conclut-il.
L’élimination face à la Pologne referme donc une première page mondiale pour les Amazones U20. Mais dans le discours d’Abdoulaye Ouzérou, cette fin de parcours doit surtout marquer le début d’une nouvelle étape : apprendre, travailler davantage et s’appuyer sur les progrès déjà accomplis pour tenter de réduire progressivement l’écart avec les meilleures nations.
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