
Après avoir conduit le Bénin à une première participation au Mondial féminin U20 2026, Abdoulaye Ouzérou ne sait pas encore s’il poursuivra l’aventure avec cette sélection. Le jeune technicien assure avoir déjà une idée de ce qu’il souhaite faire, mais précise qu’il doit d’abord en discuter avec son administration. En attendant, il revient sur une expérience qui lui a permis de grandir humainement et techniquement.
Interrogé sur la possibilité de poursuivre l’aventure avec les U20, Abdoulaye Ouzérou ne donne pas de réponse définitive. Ses mots : « Difficile de le dire. Personnellement, je sais ce que j’ai envie de faire, c’est vrai. Mais la préséance, il faudrait quand même que j’informe d’abord mon administration et qu’on en discute clairement. Mais vous savez, il y a beaucoup de jeunes de mon âge, entraîneurs de foot, qui ont envie de faire ce métier et qui ont envie d’être à cette place-là. Donc si demain, je n’étais plus là, je serais bien content d’avoir quand même hissé cette équipe à ce niveau.
Et si je dois aller sur d’autres terrains, il n’y a pas de problème. Pour moi, en fait, la porte est ouverte. Mais voilà, j’ai une idée de ce que j’ai envie de faire. Mais il faudra quand même que ce soit confirmé d’abord, après une discussion avec mon administration pour savoir si j’ai encore ma place là ou pas. »
Le technicien ne ferme donc aucune porte. Son avenir dépendra notamment des échanges avec son administration, alors que plusieurs années de travail avec cette génération viennent d’aboutir à une participation historique au Mondial féminin U20 2026.
Cette compétition a également constitué une étape importante dans son propre parcours. Ouzérou explique avoir énormément appris au contact des équipes présentes et des différents staffs.
« Forcément. Humainement, déjà, j’ai grandi parce que j’ai passé quand même sept semaines à peu près avec ces filles. J’ai vécu des choses exceptionnelles. Une vraie vie de famille.
Et après ça, techniquement, oui, parce que quand vous vous confrontez à ce genre d’équipe, en fait, et que vous voyez autour de vous le comportement des staffs adverses, du sélectionneur adverse et que vous voyez le niveau d’exigence sur le terrain, forcément, vous vous en prenez de la graine. On va continuer à travailler. Moi, je suis du genre à toujours vouloir travailler, à partir vers les autres, essayer de savoir comment ça se fait.
Parce que quoi qu’on me dise, je suis un jeune coach. Je suis très, très jeune dans le métier. Donc, voilà, j’ai commencé un peu, je dirais, avec beaucoup de succès. Parce qu’automatiquement, les résultats sont arrivés. Donc, c’est souvent difficile après, parce que quoi qu’il arrive, vous tomberez. Et voilà, ça fait partie du métier et je m’attends à cela.
Et aujourd’hui, voilà, j’aspire à aller encore faire des stages, beaucoup de stages en immersion en Europe et aussi finir ma formation au niveau de la licence CAF A dans les plus brefs délais. »
Au-delà de son avenir immédiat avec les U20, Abdoulaye Ouzérou affiche donc également des ambitions personnelles. Le jeune entraîneur veut continuer à apprendre, multiplier les expériences et poursuivre sa formation.
Cette volonté de progresser s’inscrit dans un parcours qu’il considère encore comme récent. Il reconnaît avoir connu des résultats importants rapidement, tout en sachant que le métier d’entraîneur comporte également des périodes plus difficiles.
Mais le technicien ne sépare pas son avenir personnel de celui de cette génération. Il rappelle qu’il travaille avec certaines joueuses depuis leur adolescence et qu’il avait déjà fixé des objectifs importants avec elles.
« Germaine l’a dit, on ne va pas trahir un secret. On a toujours été plein d’ambition. Il y a cinq ans, je lui disais qu’on pourrait aller à une Coupe du Monde 2020. Beaucoup ont rigolé. Aujourd’hui, c’est fait.
Maintenant, l’objectif. Il y a cinq ans aussi, je disais que j’avais envie de former ces filles-là, parce que je les ai prises à 16 ans, 15 ans, 16 ans, pour qu’on puisse avoir une équipe A de très, très haut niveau dans les prochaines années.
Nous n’y sommes pas loin. Donc l’objectif. On a échoué, d’ailleurs, de peu pour les qualifications pour la dernière Coupe d’Afrique des Nations. En tombant contre le Nigeria 2-0 à domicile et un but partout au Nigeria.
Le Nigeria n’avait pas, depuis plus de 25 ans, fait un match mieux à domicile. Il n’y avait qu’une victoire. Donc aujourd’hui, l’objectif, ce sera de se qualifier pour la Coupe d’Afrique des Nations chez les A. Et aussi, elle l’a dit, pourquoi pas une Coupe du Monde chez les A. Je sais que nous pouvons le faire. Nous pouvons le faire. Et moi, je sais qu’on a de braves filles qui vont nous permettre d’arriver à ce niveau. »
Cette vision rejoint celle de Germaine Honfo, désormais tournée vers la sélection A.
« Bien sûr, ça n’a pas changé. Quand j’étais avec les U20, l’objectif, c’était d’aller à la Coupe du Monde parce qu’il n’y a pas eu de compétition, rien que la Coupe du Monde au niveau des U20. Maintenant, l’objectif, c’est, avec senior, c’est d’aller, de participer à la CAN d’abord et se qualifier aussi pour la Coupe du Monde. »
Pour l’instant, Abdoulaye Ouzérou laisse donc la porte ouverte à toutes les possibilités. Il pourrait poursuivre avec les U20, mais il n’écarte pas non plus l’idée d’aller vers d’autres terrains. Une décision qui devra d’abord être discutée avec son administration.
Quelle que soit la suite, le technicien considère déjà cette qualification historique comme une étape importante dans son parcours et dans celui des joueuses qu’il accompagne depuis plusieurs années. Après le Mondial féminin U20 2026, le prochain chapitre reste encore à écrire.
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