
Pendant quatre jours, l’espace terrain de Godomey Houédonou a vécu au rythme des cordes tendues, des flèches décochées et des regards concentrés vers les cibles. Du 5 au 8 août 2026, la 17e édition du Championnat national Minime-Cadet-Junior-Senior a réuni les archers béninois autour d’un même objectif. Celui de décrocher le titre national. Derrière les médailles, cette édition a surtout raconté une histoire de transmission, de progression et d’ambition.
À l’issue de quatre jours de compétition à l’espace terrain de Godomey Houédonou, la 17e édition du Championnat national Minime-Cadet-Junior-Senior de tir à l’arc a livré son verdict. Entre titres confirmés, nouvelles médailles et jeunes talents en pleine progression, l’édition 2026 a surtout confirmé la dynamique de développement de la discipline au Bénin.
À Godomey, les flèches ont cessé de voler samedi 8 août 2026, mais les enseignements de quatre jours de compétition devraient continuer de nourrir les ambitions du tir à l’arc béninois. Du 5 au 8 août, l’espace terrain de Godomey Houédonou a accueilli la 17e édition du Championnat national Minime-Cadet-Junior-Senior, organisé par la Fédération béninoise de tir à l’arc (FéBéTA).
Au fil des épreuves, les archers venus de plusieurs régions du pays se sont disputé les titres dans différentes divisions, avec une présence remarquée des jeunes catégories. Au classement des médailles, l’Atlantique-Littoral s’est nettement détaché avec huit médailles d’or, huit d’argent et six de bronze, devant le Mono-Couffo, l’Ouémé-Plateau, le Borgou-Alibori et le Zou-Collines.
Ayedjinou Isaac, une nouvelle confirmation au sommet
Parmi les images fortes de cette édition, la victoire d’Ayedjinou Isaac dans l’épreuve Recurve Men-Women restera comme l’une des confirmations de la compétition. Le représentant de l’Atlantique-Littoral a décroché la médaille d’or, devant Gbaguidi A. Paulirisse Edouardine, médaillée d’argent, et Kotannou Marie-Abdias Degla Esenam, médaillée de bronze.
L’archer, qui revendique une nouvelle fois le titre national, ne cache pas sa satisfaction. « Il y a plein d’émotions. Je suis en joie », confie-t-il après sa victoire.
Cette médaille vient surtout confirmer une régularité déjà installée. Pour Ayedjinou Isaac, conserver le titre trois années de suite donne forcément une dimension particulière à cette nouvelle victoire. Mais le champion national ne veut pas s’arrêter aux frontières béninoises.
Son ambition est désormais clairement tournée vers les grandes compétitions internationales, avec les Jeux olympiques, les championnats du monde et les Jeux africains dans son viseur. Pour franchir ce cap, il sait toutefois que le travail reste important. « Il faut que je m’améliore au niveau des entraînements, au niveau de ma technique et au niveau de la concentration aussi », explique-t-il.
Une lucidité qui témoigne du chemin restant à parcourir. Car derrière les titres nationaux, l’objectif est désormais de transformer cette domination sur la scène nationale en performances internationales.
Pierrick Zohoungbogbo, l’or après trois ans d’attente
À 17 ans, Pierrick Zohoungbogbo Mahouna J. a lui aussi vécu un moment particulier à Godomey. Engagé chez les moins de 18 ans, il a décroché la médaille d’or au Recurve Under 18, devant Hosner Yéropa Samuel et Amoussou-Guinnou Dovi Tatiana Edna. Pour le jeune archer, cette victoire a une saveur particulière. Habitué aux médailles d’argent et aux places sur le podium, il courait depuis plusieurs années derrière ce titre national. « Cette année, j’ai pu ramener le titre à l’or national », se réjouit-il.
Pierrick Zohoungbogbo a commencé le tir à l’arc à l’âge de neuf ans avant d’intégrer l’équipe nationale à 13 ans. Cette longue expérience lui a permis de participer à plusieurs compétitions sur les distances de 60 et 70 mètres. Son titre de Godomey récompense ainsi plusieurs années de travail. Mais cette médaille sera également la dernière qu’il pourra défendre dans cette catégorie. Avec ses 18 ans qui approchent, l’archer changera de catégorie la saison prochaine et devra désormais se mesurer à de nouveaux défis sur 70 mètres.
Loin de considérer ce changement comme un frein, il y voit une nouvelle étape. « Sur le plan international, mon objectif principal est, dans l’ordre des U21, de laisser une trace évidente, si possible, aux prochains Jeux olympiques », annonce-t-il.
Du podium à l’apprentissage : Hosner Samuel veut rebondir
Pour Hosner Yéropa Samuel, la compétition s’est terminée avec une médaille d’argent. Champion en titre dans cette épreuve, il a cette fois dû céder la première place à Pierrick Zohoungbogbo. Une défaite forcément difficile à digérer, mais que l’archer entend transformer en source de motivation. « Ça fait un peu mal, mais il faut continuer », reconnaît-il, conscient que cette deuxième place révèle surtout le travail qui reste à accomplir.
Le principal obstacle identifié par l’archer est le stress ressenti pendant la compétition. Un aspect qu’il compte travailler afin de revenir plus fort lors des prochaines échéances. Son objectif est déjà fixé : améliorer ses scores, notamment dans les compétitions FITA, avec l’ambition d’atteindre la barre des 650 points avant de viser à nouveau la première place.
Des titres dans plusieurs divisions
La richesse de cette 17e édition ne se limite pas aux épreuves de tir classique. Les résultats officiels montrent une compétition disputée dans plusieurs divisions, avec notamment les arcs standard, barebow et bambou.
Chez les hommes, Amondo Jean Daniel a remporté l’or en Standard, tandis qu’Ariori Olabissi Emmanuella Nadia s’est imposée chez les dames dans cette même division. En Barebow, Gandonou Mahuénan Ezéchiel a pris l’or, alors que Hounyetin Aimé Césaire s’est imposé dans la nouvelle épreuve Barewow.
La division Bambou a également offert son lot de performances. Lakoussan Nonhouegnon Marcel Déo-Gratias a décroché l’or chez les hommes, tandis qu’Adjanohoun Estella Marie Fifonsi s’est imposée chez les femmes.
Chez les minimes, Zounli Gilchrist Junior Gbedegbe et Sodjinou Auxiliatrice Françoise ont remporté les titres dans les catégories Bambou Minime hommes et femmes.
La formation et les écoles, nouveaux leviers du développement
Pour Thomas Sodjinou, directeur technique national de la Fédération béninoise de tir à l’arc, l’une des grandes satisfactions de cette édition réside dans l’élargissement de la pratique. Avant les compétitions, une formation de recyclage destinée aux juges a été organisée. La Fédération a également poursuivi son travail de formation des entraîneurs, notamment dans plusieurs départements. Et les résultats commencent à apparaître.
Selon le directeur technique national, certains entraîneurs formés l’année précédente ont effectivement mis leurs connaissances en pratique sur le terrain et ont accompagné des athlètes jusqu’aux podiums. « Ils ont travaillé parce que nous avons eu, parmi eux, des athlètes qui ont eu des médailles », souligne-t-il.
Autre motif de satisfaction : l’implication croissante des établissements scolaires. Des jeunes issus de clubs d’intérêt et d’écoles ont participé à la compétition, certains allant jusqu’aux phases finales. Pour Thomas Sodjinou, cette présence des plus jeunes constitue l’un des signes les plus encourageants de la progression de la discipline au Bénin.
Une compétition ouverte sur l’extérieur
Le championnat national 2026 a également montré que le tir à l’arc béninois dépasse progressivement les frontières du pays. Le directeur technique national a notamment relevé la présence d’un archer béninois résidant en France, venu participer à l’épreuve du 70 mètres. Cette ouverture s’inscrit dans la volonté de la Fédération de rapprocher davantage le niveau national des standards internationaux. Des évolutions ont ainsi été introduites dans les divisions et les distances, notamment avec le développement de nouvelles épreuves en arc nu. Pour les responsables techniques, l’enjeu est désormais de multiplier les confrontations et de créer une véritable émulation entre les archers.
La Fédération veut renforcer le travail à la base
Au terme de cette édition, le constat de la direction technique est clair : le potentiel existe, mais le travail doit désormais s’intensifier dans les clubs et les ligues. Thomas Sodjinou insiste notamment sur la nécessité de renforcer les sélections à la base et d’accompagner davantage les clubs afin d’identifier les meilleurs archers susceptibles d’évoluer au niveau national et international. La formation reste également au cœur de la stratégie. De nouvelles sessions destinées aux entraîneurs et animateurs sont annoncées afin d’étendre la pratique dans davantage d’établissements scolaires.
Paul Zinsou : préparer les futures échéances africaines
Pour Paul Zinsou, président de la Fédération béninoise de tir à l’arc, le bilan de cette 17e édition est positif. « Mes impressions sont bonnes », affirme-t-il, estimant que le pari de l’organisation a été gagné. Mais derrière la satisfaction du championnat national, la Fédération pense déjà à la suite. L’objectif est notamment de faire émerger davantage de valeurs capables d’intégrer l’équipe nationale et de permettre au Bénin de présenter une sélection plus compétitive lors du Championnat d’Afrique 2027.
Le président de la FéBéTA veut également voir les ligues jouer pleinement leur rôle dans les différentes régions du pays. Après le championnat national, le mot d’ordre est donc de retourner sur le terrain, dans les clubs, afin de poursuivre le travail et de faire vivre davantage la discipline au niveau régional.
Godomey referme le championnat, mais ouvre déjà un nouveau cycle
De l’or confirmé d’Ayedjinou Isaac au premier titre national de Pierrick Zohoungbogbo, en passant par les performances des jeunes archers et l’émergence de nouvelles divisions, la 17e édition aura livré plusieurs signaux encourageants. Le classement final traduit d’ailleurs la domination de l’Atlantique-Littoral, qui totalise 22 médailles, dont huit en or, devant le Mono-Couffo avec trois médailles et l’Ouémé-Plateau avec deux.
Mais au-delà du tableau des médailles, l’enjeu est désormais ailleurs : transformer ces performances nationales en résultats continentaux et internationaux. À Godomey, le championnat national s’est achevé avec ses champions, ses médaillés et ses déçus. Pour la FéBéTA, le véritable défi commence déjà : former, détecter, accompagner et préparer la prochaine génération d’archers béninois aux rendez-vous de demain.
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